99 - EXTRAIT premiers pas à Rio

Publié par Lili Plume

À l’approche de Rio, d’immenses et impressionnantes favelas[1] nous accueillent sur des kilomètres. Et très vite, notre bus est ralenti par les embouteillages. À la gare routière, la navette de l’hôtel qui devait venir nous chercher, nous a vraisemblablement oubliés. En plus, il fait une chaleur infernale ! Autour de quarante degrés ! Maxime décide de héler l’un de ces nombreux taxis jaunes qui passent devant nous dans l’avenue. Une fois installés à l’intérieur, il tend un petit carton avec l’adresse de l’hôtel au conducteur. Pendant le trajet, ce dernier tente de nous faire la conversation en parlant avec ce chuintement propres aux Cariocas[2]. Mais sa voix ne nous parvient que très vaguement. Le nez collé à la fenêtre et les yeux écarquillés, on découvre ces célèbres paysages admirés seulement dans les livres où les documentaires. La rencontre entre l’océan et les montagnes. Au loin, le Pão de Açucar[3]. Face à lui, le Christ Rédempteur qui domine la ville. Et accrochées au flanc des montagnes, les mythiques favelas de Rio.

C’est pour ce genre d’émotions qu’on voyage. L’émerveillement. J’aurais vu ça de mes propres yeux. Et mieux encore, je vais pouvoir le voir aussi souvent que je le veux ! Quel luxe de pouvoir lancer comme ça, l’air de rien : « Tiens ! Qu’est-ce qu’on fait ce week-end ? Si on allait à Rio ! »

Tout à coup, à un feu rouge, notre chauffeur sort précipitamment du taxi et nous laisse en plan pour s’engouffrer dans une lanchonete[1] au coin de la rue. Maxime et moi, on n'en revient pas! Quand le feu passe au vert, il est de retour en courant, avec dans les mains un soda et un plat chaud à l’odeur forte. Il pose le tout sur son tableau de bord et déjeune tranquillement…en conduisant !

Sous les conseils de Claudia, on a réservé une chambre dans une auberge de jeunesse sur Copacabana. Des travaux empêchent le taxi de nous déposer juste devant mais le chauffeur nous rassure. Il ne nous reste plus qu’une seule rue à remonter à pied. Nous voilà donc, tous les trois, en train d’avancer la tête baissée, consciencieusement concentrés à tirer nos valises et luttant contre la chaleur écrasante. Subitement, Maxime fait volte face devant nous, le visage blême et s’écrie : « Non mais, on ne va pas là ! ». Je lève la tête et aperçois… une spectaculaire favela

Bienvenue à Copacabana ! Un quartier où se côtoient la plage la plus célèbre au monde, des hôtels de luxe et des bidonvilles !

Mais tout va bien. Notre hôtel est seulement à l’entrée de ce quartier sensible, dans un coin de la ville certes populaire et animé, mais sans danger particulier. Du moins, en journée… Et Claudia sait ce qu’elle fait ! Enfin, espérons...

Cette résidence est finalement tout à fait plaisante et sécurisée à l’entrée par un portail électrique. Le jeune homme à l’accueil parle français et paraît enchanté de nous recevoir. Notre chambre est bien agencée et décorée avec goût. Petit détail tout de même, de la fenêtre, on peut sans problème discuter le bout de gras avec les gens de la favela juste derrière… !

Vive l’aventure ! Ce séjour à Rio va être mémorable, j'en suis certaine !

[1] Des bidonvilles.

[2] habitants de Rio de Janeiro

[3] Pain de Sucre

[4] snack-bar

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