92 - Première balade en taxi.

Publié par Lili Plume

Maxime travaille dès la deuxième semaine. Comme la rentrée des classes n’aura lieu qu’en février, on part, Nathan et moi, à la découverte de la ville. Mon premier challenge linguistique : appeler tous les jours un taxi. Je n’ai que de microscopiques bases de portugais qui ne dépassent guère une simple lecture de certaines leçons de la méthode Assimil. Je sue donc à grandes eaux à chaque coup de fil ! Pire qu’un accouchement ! Mais quand un véhicule passe nous prendre, cinq minutes plus tard, preuve formelle que mon charabia a été compris, je suis heureuse comme si j’avais réussi le BAC une seconde fois !

Le premier chauffeur qui nous emmène roule à vive allure. Pendant le trajet, je suis extrêmement tendue, mais ne laisse rien transparaître pour ne pas inquiéter Nathan. Il faut dire que la conduite à São José dos Campos est plutôt déconcertante ! Les voitures doublent à droite comme à gauche, les motards se faufilent partout et certains cyclistes roulent carrément à contre sens sur la chaussée ! Je remarque aussi que les stops et les priorités à droite ne sont pas beaucoup respectés. Mais, étrangement, au milieu de ce bazar, on entend peu de klaxons. Au contraire, les gens conduisent en levant régulièrement le pouce pour remercier un autre automobiliste d’une civilité.

Les chauffeurs de taxi sont, pour la plupart, très sympathiques et visiblement ravis d’échanger avec des étrangers qui font l’effort de parler leur langue. Je prononce trois mots et, immédiatement, ils s’ébahissent devant mon niveau de portugais mirifique. Certains sont même particulièrement fiers de nous transporter parce qu’on est français et qu’ils admirent beaucoup notre pays.

Je comprends vite qu’il est important de commencer toute discussion avec un : « São José e muito bom ! (1)» en accentuant fortement le U de mUito [mOUito]. Avec un sourire rayonnant, nos conducteurs se mettent alors à nous faire la visite guidée de la ville, notamment des entreprises florissantes qui en font la richesse. Ils sont fiers d’être Brésiliens et aiment leur pays. C’est flagrant. J’apprends alors, chaque jour, à l’aide de mon guide de conversation et mon dictionnaire, une phrase supplémentaire pour pouvoir communiquer avec mes nouveaux amis, les chauffeurs de taxi !

« E muito quente. » (Il fait très chaud.)

« Trinta graus. » (Trente degrés.)

« Eu estou aqui ha três semanas. » (Je suis ici depuis trois semaines.)

« Meu marido trabalha no Taubaté em um empresa que faz parachoques do carro. » (Mon mari travaille à Taubaté dans une entreprise qui fait des pare-chocs de voiture.)

« Sou professora na França. » (Je suis enseignante en France.)

« Meu filho tem quatro anos. » (Mon fils a quatre ans.)

« Ele se chama Nathan. » (Il s’appelle Nathan.)

Je prononce ces phrases dans cet ordre pendant un bon mois avant qu’on me pose la moindre question. Ça me met en confiance. Parce que le plus souvent, je ne suis capable que de sourire et formuler quelques « muito bem » et « muito bom » de politesse…

Mais communiquer ici au Brésil reste tout de même facile pour une raison : tout le monde se tutoie en disant « você ». Dans certains cas rares, pour s’adresser à des personnes respectables ou très âgées, il faut dire: « O senhor » ou « A senhora ». À utiliser toutefois avec une grande précaution ! Je lis dans ma méthode d’apprentissage de la langue qu'en fait, rares sont ceux qui apprécient d’être désignés de cette manière !

Lors de nos toutes premières balades, on se rend dans d’immenses centres commerciaux sécurisés dont les Brésiliens raffolent. Là-bas, on peut tout faire : manger, aller au cinéma, régler ses problèmes administratifs, des courses, du shopping ou se faire pomponner (coiffure, manucure, épilation…). Moi, j’ai surtout besoin de remplir notre frigidaire et de trouver des adaptateurs pour brancher nos appareils électriques et électroniques dans la chambre d'hôtel. Nathan, lui, frôle la crise d’apoplexie en découvrant de grandes salles de jeux en tous genres (jeux vidéo, manèges, pêche aux canards, babyfoot…) et en profite à chacun de nos passages.

(1) São José, c'est très bien!

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