98 - Distractions culturelles

Publié par Lili Plume

Durant ce premier mois, j’ai à nouveau le temps de dévorer des livres et d’écouter des émissions de radio en Replay sur Internet. Ça me détend le matin et me tient au courant de l’actualité en France.

Les premières chaînes de radio que je découvre ici passent des musiques américaines commerciales, comme chez nous, mais aussi, des imitations de Michel Telo en boucle (le tube de l’été : "Ai se eu te pego[1]"). J’apprendrai plus tard que ce style de musique joué à l’accordéon, à la guitare et interprété par des chanteurs en chemise à carreaux, s’appelle le Sertanejo. Une sorte de musique country qui vient des milieux ruraux du centre-ouest du pays et qui a évolué aujourd’hui avec de multiples influences dont le rock, la country américaine ou même le funk. Mais ses origines sont controversées. Certains disent que cette musique vient plutôt de la région aride du Nord-Est : le Sertão. En tout cas, personnellement, je préfère nettement la bossa nova de mon enfance !

Regardant déjà très peu la télévision en France, je ne suis pas plus attirée par les programmes brésiliens. Beaucoup d’émissions de divertissement où ça parle fort, de publicités, de journaux à l’actualité sensationnelle effrayante, de matchs de football… Et les fameuses telenovelas. Ce sont des séries à multiples épisodes que tous les Brésiliens adorent et suivent religieusement le soir. Ça ressemble, pour certaines, à nos "Feux de l’amour" ou "Plus belle la vie ". Par contre, il n’y a qu’une seule saison qui s’étale en général sur moins d’un an. Je remarque une chose curieuse après en avoir vu quelques extraits. Dans ces feuilletons, les personnages passent beaucoup de temps à se déchirer dans des drames incommensurables, alors que dans la vie de tous les jours, les Brésiliens semblent d’un calme olympien, plutôt joyeux et optimistes. De plus, les acteurs jouent de manière exagérée. Je lis dans un article de journal en ligne que ce sont pourtant souvent d’excellents comédiens et que ce jeu serait intentionnel. Il permettrait de mieux faire passer les émotions aux téléspectateurs. Parfois, ce sont les acteurs qui interprètent eux-mêmes le générique. Je découvre chez mon ostéopathe une revue : "Minha Novela : A melhor revista de novelas do Brasil[2]". On y résume toutes les séries du moment en détail. Au centre, comme dans les revues d’adolescents, il y a le poster détachable d’un acteur canon et torse nu. Mais pas encore habituée au phénomène, je préfère regarder des rediffusions d’émissions de télévision française sur le net. Le besoin de garder mes anciens repères pour le moment...

Nathan, par contre, adore les programmes pour enfants parce qu’ils finissent souvent en chanson. Il apprend ainsi sa première comptine : " Os dedinhos[3] " et m’ébahit déjà par sa capacité à retenir des paroles dans une langue qu’il ne connaît absolument pas.

[1] Ah si je t’attrape.

[2] Ma télénovela : la meilleure revue de télénovela du Brésil

[3] les doigts de la main

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