8 - L'inspection académique.

Publié par Lili Plume

Mais la vie réserve son lot de surprises surtout quand votre employeur est l’Éducation Nationale. C’est le jour de notre fête de départ. J’attends quarante personnes à la maison, jaune et verte de la tête aux pieds. Dans dix jours, on décolle pour le Brésil. Maxime ne va pas tarder à rentrer de son déplacement en Corée. J’ouvre alors une lettre de l’inspection académique trouvée dans ma boîte aux lettres à mon retour du travail. C’est très certainement, enfin, ma disponibilité officielle tant attendue !

Là, je découvre avec stupeur qu’on me donne l’autorisation de suivre mon conjoint… à la rentrée suivante, c’est à dire dans huit mois !

Je suis anéantie !

J’ai fait ma demande il y a deux mois dans les temps et cette disponibilité me revient de droit ! Mon inspectrice, la pauvrette, m’explique ne pas avoir assez de personnels pour me remplacer.

Mais il est hors de question que je me laisse faire. On informe les syndicats et Maxime se souvient alors que le propriétaire de notre appartement est un ancien médiateur de l’Éducation Nationale. Ce dernier nous explique qu’il travaillait avec cette inspectrice et qu’il la connaît très bien ! Il va nous aider !

C’est sûr maintenant, on a une bonne étoile !

S’en suivent des nuits blanches, des journées à pleurer, une lutte acharnée des syndicats et la mise sous Xanax de nos deux familles en Alsace et dans le Sud-Ouest. Et toujours sans nouvelles quelques jours avant les vacances de Noël, j’appelle le Ministère de l’Éducation Nationale à Paris, au comble du désespoir :

- Bonjour je m’appelle Gaëlle Maurer, professeur des écoles dans le Nord-Isère. Je n’ai plus de voiture et plus d’appartement. Bientôt mes meubles navigueront quelque part sur l’océan. Nous partons dans dix jours au Brésil et ma hiérarchie ne m’a toujours pas donné l’autorisation officielle de suivre mon conjoint ! J’ai donc ouvert la fenêtre et je vais sauter.

- Gaëlle Maurer? C’est bien ça ? Fermez la fenêtre ! On est au courant ! Ça va s’arranger…

Ils me connaissent au Ministère de l’Éducation Nationale ! J’en aurais pleuré de joie. Je suis sauvée ! Et quelques jours plus tard, enfin, j’apprends la bonne nouvelle par téléphone des syndicats. L’inspectrice à été "aimablement conviée" à accéder à ma demande. Le vendredi suivant, une heure avant le début des vacances de Noël, alors que j’en suis à mon huitième café et que des tics nerveux ont déjà envahi la totalité mon corps, je découvre enfin dans ma boîte mail, ma disponibilité.

Autant dire que si cette inspectrice est toujours là à mon retour, je ne serai pas surprise d’être mutée dans une classe unique à sept niveaux dans le fin fond de la Creuse !

Je ne suis pas croyante mais je me dis que quand même, quelqu’un quelque part a voulu nous donner un coup de pouce. Rien de tel qu’une bonne barrière à un projet pour qu’on le désire encore plus et qu’on en oublie toutes nos appréhensions!

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